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Maison, école : pourquoi il faut en finir avec l’éducation positive

Maison, école : pourquoi il faut en finir avec l’éducation positive

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Avant, à l’école ou au centre de loisirs, tout était prétexte à “vivre ensemble”, qu’il s’agisse des travaux de groupes dans la classe ou de la sortie en bus à la ferme pédagogique pour aller donner deux morceaux de pain à trois chevaux qui, eux aussi, vivent ensemble dans le pré.

Malheureusement, le “vivre ensemble” n’est plus à la mode car les gens ont la fâcheuse manie de se taper dessus dès qu’ils ne sont pas d’accord les uns avec les autres. Alors on a inventé le “respecter autrui”. Tout est prétexte à “respecter autrui”, qu’il s’agisse des travaux de groupes dans la classe ou de la sortie en bus à la ferme pédagogique pour donner deux morceaux de pain à trois cochons qui, eux aussi, se respectent entre truies.

Vivre ensemble, respecter autrui, rien ne fonctionne. Que penser alors de l’éducation positive ? Voici les signes que ça ne fonctionne pas non plus, et que c’est même le mal absolu.

Attendre 20 minutes que l’enfant se décide par lui-même d’enfiler son manteau, c’est très long, sauf si tu as un conseil d’école dans la foulée, auquel cas tu es un peu moins pressé(e).

Être bienveillant ne signifie plus rien. La preuve, au ministère de l’Education nationale, tout le monde a ce mot à la bouche, ce qui n’empêche pas de supprimer des postes et de bourrer les classes d’élèves. Bienveillance IS THE NEW Fais ce que je te dis mais fais pas ce que je fais.

Sanctionner positivement d’accord, mais faut pas pousser le bouchon trop loin Maurice. Dans certaines écoles allemandes, un enfant qui est puni s’assoit et reçoit de la part de ses camarades des remarques positives, ceci dans le but de travailler l’estime de soi. En gros ça donne : « Gunther, tu as défoncé la gueule à Andreas. C’est mal. Par contre tu as une très belle coupe mulet et la Volkswagen Passat de ton père, sehr gut !« 

Expliquer tout, dans le moindre détail, argumenter chaque décision, est une perte de temps. Imagine plus tard quand le petit doudou sera en entreprise : “Excusez-moi Monsieur le directeur, vous me demandez de saisir ce document, mais pourriez-vous m’expliquer en quoi ce tableur est plus performant que ce traitement de texte dont j’apprécie la prise-en-main et qui me permet de me sentir plus serein, plus apaisé, davantage connecté avec ma base astrale”. 

Transformer une injonction en question se situe au sommet de l’échelle de la connerie démagogique. Mais qu’est-ce donc ? Une psychologue entendue dans La maison des maternelles conseille de ne pas dire à son enfant « Mets ton manteau » et d’utiliser à la place la forme interrogative : « De quoi as-tu besoin avant de sortir ? » car cela permet à l’enfant de réfléchir. C’est quoi l’idée ? Une fois que le gamin a verbalisé qu’il pleut et qu’il fait 4° dehors, faut lui demander la météo du week-end, l’éphéméride de demain et les résultats du tiercé aussi ?

Rendre la punition utile, d’accord. Si deux frères se battent, il est préférable de leur laisser un moment pour qu’ils trouvent ensemble une solution afin de jouer ensemble dans un cadre serein et apaisé. Perso, on fait l’inverse. Quand le fils de Boualem se dispute avec son cousin, on le menace de le coller une heure devant Les Maternelles sur France 2. On peut te dire qu’après ça, les deux cousins ils ne bronchent plus de la journée.

Emprunter un ton doucereux, mièvre, ça ne sert à rien. Tu parles tellement bas que personne ne comprend ce que tu as à dire. C’est embêtant pour ton auditoire, sauf si tu anime une conférence sur les compétences psychosociales au service de l’intelligence émotionnelle dans le cadre d’une approche empathique intégrative, auquel cas ce n’est pas très grave puisqu’on s’en fout.

Evaluer positivement est la plus grosse arnaque du siècle. T’as l’impression que si tu mets une note à un élève, tu es le dernier des criminels de la pédagogie. En gros, si tu attribues une note en-dessous de la moyenne, tu traumatises l’élève. Par exemple : 8/20. En revanche, si tu évalues en mettant une une lettre, c’est bien, c’est joli, c’est choupinou, c’est gourmand, ça rappelle les lettres nouilles dans la soupe.

Utiliser en classe une méthode nommée éducation positive, sachant qu’à la base c’est une méthode d’éducation pour les chiens, c’est limite limite. Les élèves s’appellent Nolan, Mounir ou Léa, pas Médor, Bandit ou Lady.
Ceci dit, on a déjà eu une Lady en CP.

« Faire redoubler un élève, c’est le conforter dans l’échec et le stigmatiser » a déclaré à ses enseignants une inspectrice de l’Education nationale à qui le ministère a demandé de supprimer les redoublements car ça coûtait beaucoup trop cher à l’Etat. Aujourd’hui, il est préférable de faire passer au niveau supérieur où il aura de toute façon de meilleurs résultats, ou pas. De toute façon on s’en fout puisqu’il n’y a plus de notes (voir point précédent).

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