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Clac ta culture Stephen King

Clac ta culture Stephen King

C’est bientôt Halloween. Et si on parlait école et clown tueur ?

Dans notre Clac de cette semaine, on parle du maître de l’horreur avec le rédacteur-en-chef du Club Stephen King. Depuis le collège, Jérémy se passionne pour l’auteur de Carrie et anime un site riche et complet à découvrir. Ensemble, on évoque l’école et les personnages de parents et de profs dans l’œuvre de Stephen King.

Avant de devenir écrivain, Stephen King a été enseignant dans un lycée du Maine de 1971 à 1973. En quoi son métier de professeur a influencé ses futures œuvres littéraires ?
Stephen King a en effet été professeur de littérature avant d’être un auteur à grand succès. On ne connait pas beaucoup de choses en détail de ces cours si ce n’est qu’il abordait notamment les classiques de la littérature fantastique.
Un de ses livres préférés qui n’a rien à voir avec le fantastique, mais qui aborde au contraire du sujet des sociétés et des relations au sein de la société : Sa Majesté des mouches. Stephen King a d’ailleurs signé en 2011 une préface à ce livre dans laquelle il déclare que celui-ci était « le premier livre qui m’agrippa – avec des mains puissantes qui s’échappaient des pages pour me saisir à la gorge.

A-t-il enseigné longtemps ? Comment s’est opéré le passage du métier de prof à celui d’écrivain ?
Stephen King a toujours été auteur. Il écrivait depuis son plus jeune âge et ça lui a même posé des problèmes à l’école. Enfant, il a une fois écrit une novélisation du film Le puits et le pendule de Roger Corman, d’après Edgar Allan Poe et la vendait dans la cour de l’école… avant que le directeur de l’école s’en mêle, l’interdise et le force à rembourser ses clients.

King n’a dès lors jamais arrêté d’écrire. A l’université il travaillait sur des romans. Même marié avec des enfants, il continuait d’écrire après le travail et vendait ses nouvelles à des magazines masculins tels que Playboy qui les achetaient. Ce qui permettait à Stephen King de payer les factures et les médicaments dont ils avaient besoin pour les enfants.

Puis un jour, Stephen King travaillait sur un texte qu’il jeta à la poubelle. C’était les premières pages de ce qui deviendrait Carrie, une fois que sa femme Tabitha l’ait encouragé à continuer. Ce livre fut acheté pour 2500 dollars avec des royalties et est publié. Mais c’est surtout quand les droits poches du roman sont achetés pour 400 000 dollars et que la moitié revenait à Stephen King, que son destin va être chamboulé. Tout son long travail d’écriture commençait alors à payer.

Quels sont les personnages de professeurs marquants dans l’œuvre de Stephen King ? Nous avons en tête le personnage d’Ida Silver dans Mr Mercedes qui enseigne encore alors qu’elle a plus de 70 ans. A l’aube de la réforme des retraites, espérons d’ailleurs qu’il n’y ait rien de prémonitoire dans ce roman.
Deux personnages professeurs de Stephen King m’ont marqués. D’abord Jake Epping, du roman 22/11/63, un professeur d’anglais qui va faire un voyage dans le temps dans le but d’essayer d’empêcher l’assassinat de JFK. Ce roman n’est pas un livre typique de voyage dans le temps. C’est au contraire une lettre d’amour aux années 50 et présente une belle histoire d’amour entre Jake et Sadie, bibliothécaire.
Ensuite, j’aime beaucoup Melle Sidley, de la nouvelle Laissez venir à moi les petits enfants. Une histoire de Stephen King publiée dans son recueil Rêves et Cauchemars et dont on ressent la frustration et la crainte de la protagoniste qui a l’impression que les enfants auxquels elle enseigne ne sont que des monstres puisqu’elle les voit se transformer dans le reflet de ses lunettes…

Un enfant zombie dans Simetierre, une adolescente dotée de pouvoirs télékinésiques dans Carrie, un groupe de préadolescents parti à la recherche d’un cadavre dans Stand by me ou combattant un clown tueur dans Ca. S’il ne fallait retenir qu’un enfant chez Stephen King, lequel à votre préférence ?
Les enfants font indéniablement partie des personnages principaux de l’œuvre de Stephen King. Que ce soit Carrie, le groupe d’enfants de Le Corps, l’histoire ayant inspiré le film Stand By Me), Charlie, le Club des Ratés dans Ça, les enfants font partie intégrante des histoires de Stephen King.
Si je ne devais en retenir qu’un seul, je dirai Beverly de Ça parce qu’au fil du roman on s’attache beaucoup à elle. Dans le roman comme dans le film, Beverly est une fille / femme forte. Elle fait face aux affronts de son père et de son mari violent.

On continue avec les enfants, mais pas que. Je vous cite trois œuvres de Stephen King, vous me dites ce que vous en pensez. On commence avec Shining, l’enfant lumière.
Danny Torrance bien sûr. Un personnage d’enfant très puissant dans un huis clos, celui du gigantesque Hôtel Overlook, bloqué du reste du monde en plein hiver. Des décors magnifiques et une histoire terrifiante. Le film de Stanley Kubrick est très différent du roman, mais ce sont deux œuvres qui d’une certaine manière se complètent et abordent l’histoire différemment. Deux œuvres cultes.
Un roman sans enfant, mais un de nos préférés, Misery
Comme Shining, c’est un huis clos oppressant. Le livre met en scène un auteur kidnappé par sa fan numéro un, qui le force à écrire un livre. Un très bon roman, et un très bon film avec une Kathy Bates époustouflante.
Beaucoup moins connu, un épisode d’X-Files baptisé La poupée.
C’est une sorte de Chucky, version X-Files. Une histoire co-écrite officiellement par Stephen King et Chris Carter bien que la mouture finale soit davantage l’œuvre du créateur de la série que de Stephen King.

Pour terminer et avant de vous retrouver sur votre site Club Stephen King, une information sur Stephen King que l’on pourra « claquer » devant la machine à café ?
Stephen King a écrit dans à peu près tous les genres. Depuis les années 70, il a publié plus de 60 livres, plus de 200 nouvelles, plusieurs centaines d’essais mais aussi des recettes de cuisine et même une comédie musicale. Saviez-vous que Stephen King, qui possède un nom emblématique (King, c’est-à-dire le « Roi ») aurait dû s’appeler Stephen Pollock ? C’était en réalité le nom de son père qui a abandonné sa famille quand il n’avait que 4 ans, prétextant aller acheter un paquet de cigarettes… pour ne jamais revenir.

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