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« On va appeler l’inspecteur » par ces profs qui font chifoumi pour savoir qui va appeler

« On va appeler l’inspecteur » par ces profs qui font chifoumi pour savoir qui va appeler

« On en a marre, vraiment plus que marre !, s’emporte Lionel F., enseignant de CE1 à l’école Jean-Pierre Pernaut, on ne peut vraiment pas travailler dans de telles conditions. » Une colère partagée par l’ensemble de ses collègues. Tous reprochent à Christian E., leur nouveau directeur, son comportement laxiste, égoïste, et frisant souvent l’inconscience. « Pas plus tard qu’hier, il […]

« On en a marre, vraiment plus que marre !, s’emporte Lionel F., enseignant de CE1 à l’école Jean-Pierre Pernaut, on ne peut vraiment pas travailler dans de telles conditions. » Une colère partagée par l’ensemble de ses collègues. Tous reprochent à Christian E., leur nouveau directeur, son comportement laxiste, égoïste, et frisant souvent l’inconscience.

« Pas plus tard qu’hier, il a oublié de réserver le bus qui devait nous emmener au spectacle, nous raconte Lise G., maîtresse des grandes sections. Nous avons raté la représentation. Ce n’est pas grave parce que c’était un concert d’Henri Dès, mais quand même... » Des enseignants à cran, qui souffrent au quotidien de cette incompétence, d’autant plus que le public accueilli est difficile, et que les collègues ont besoin de soutien.

« J’ai honte pour l’école »

Les maîtres et maîtresses reprochent également à leur directeur ses crises d’autorité et son manque de rigueur, notamment en ce qui concerne la sécurité.
« Nous avons décidé d’agir, déclare Lionel F., en faisant une pétition signée de tous les professeurs, que nous irons apporter à notre inspecteur » .

C’est au moment de la prise de rendez-vous avec celui-ci par téléphone que la situation a évolué.

« On pourrait plutôt lui envoyer un mail ? C’est mieux un mail non ? » s’interroge Thierry R., l’un des maîtres titulaires, alors que sa collègue de moyenne section préfère ne pas être présente lors du rendez-vous, évoquant « une possible inspection l’année prochaine. Alors vous comprenez, pour ma carrière, ma note, c’est pas terrible si… enfin si l’inspecteur voit que je fais des histoires… enfin vous voyez ce que je veux dire » . Des propos corroborés par sa collègue et amie Lucile qui souhaite également se désengager de ce mouvement de contestation, son mari lui ayant déconseillé de le faire, car « un copain qui travaille à Citroën a eu les mêmes problèmes et le syndicat ne l’as pas défendu, alors tu vois… » 

Prenant les choses en main et se décidant à appeler la secrétaire de l’inspecteur, Elisabeth J., enseignante en petite section, a dû prendre congé brusquement, apprenant par SMS que son fils avait été enlevé par des extraterrestres. Elle a profité de la voiture de son amie Lise qui s’est également désolidarisée du mouvement parce que finalement « ce n’est pas un si mauvais directeur. Il est un peu colérique mais ça le rend attachant. Et puis, il est peut-être feignant, inconscient, dangereux et imbu de sa personne, mais est-ce vraiment grave ? » 

Des enseignants qui au final restent dans la même situation, et qui souffriront encore longtemps de l’incompétence de leur directeur. De ce rendez-vous manqué est né un sentiment de frustration, faisant apparaître regrets, rancœurs et dissensions. L’équipe n’en sort pas grandie mais peut tout de même espérer retrouver cette solidarité perdue. Car tous ont un point commun qui les rassemble. D’une classe à l’autre on entend en effet chaque enseignant chanter tous les matins le même refrain : « On en a marre, vraiment plus que marre ! »

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