« Nous avons voulu quelque chose de très réaliste, nous explique Sylvain Bourdon, créateur de l’Escape Game The classroom, nous avons reconstitué une classe ordinaire, avec tableau à craie non repeint depuis 20 ans, bureau chancelant et carte de France administrative des régions datant de 1982. Et bien évidemment les 26 enfants. »

Lors de notre reportage, nous avons pu observer une séance complète avec un joueur, Nicolas, ingénieur de 34 ans :
« On m’a offert cette partie pour mon anniversaire. Je ne suis pas inquiet. Je faisais du baby-sitting quand j’étais étudiant. Donc les enfants, je connais bien ».

Le jeu commence. Les élèves arrivent. L’optimisme du jeune homme cède vite sa place au stress. Première erreur : il permet aux enfants de rentrer dans la classe sans exiger le silence. En moins de quatre minutes, c’est le vacarme. A nos côtés, Sylvain Bourdon qui observe la scène sur son écran de contrôle, a peu d’espoir :
« Cette première erreur peut être fatale. Une classe, c’est une cage aux lions. Si vous ne vous imposez pas tout de suite, vous êtes fichu ».
Sentant qu’il ne maîtrise pas la situation, Nicolas crie pour réclamer le silence.
« Deuxième erreur, analyse le directeur de l’Escape Game, il ne tiendra pas dix minutes. »
Effectivement, notre ingénieur enchaîne les mauvais gestes : il n’impose pas le lever du doigt pour prendre la parole et parle à la classe en regardant le tableau. L’ambiance devient de plus en plus tendue.

La règle du jeu est stricte : Pour remporter la victoire, le candidat doit obtenir le silence pendant au moins dix secondes consécutives, puis donner une consigne simple : écrire la date dans le cahier du jour, à trois carreaux de la marge. Nicolas est en difficulté, surtout que le scénario prévu par le créateur du jeu est diabolique. Une comédienne, interprétant une animatrice du périscolaire, rentre dans la classe pour réclamer les tickets de cantine. Nicolas perd pied et ne sait pas comment réagir. Face aux élèves qui s’expriment de manière anarchique, il tente le tout pour le tout, et hurle :
« Silence ! Prenez votre cahier, et écrivez la date comme d’habitude ! ».

C’est plus difficile que je ne l’imaginais

Double-consigne donnée sans avoir mobilisé l’attention des élèves, non-utilisation du tableau, le candidat enchaîne les erreurs. Si certains enfants effectuent la tâche correctement, certains écrivent la date dans le cahier de poésies, d’autres sont encore en train de chercher leur ticket de cantine dans le cartable.
Nicolas craque. Il abandonne le jeu. Il a tenu 6 minutes et 13 secondes.
« C’est plus difficile que je ne l’imaginais, nous confie-t-il. Pour moi, il suffisait juste de parler aux enfants pendant une heure. Mais je n’avais pas prévu que les enfants ne nous écoutaient pas. »

L’Escape Game de Sylvain Bourdon affiche complet pour les mois à venir.
« De nombreuses entreprises nous envoient leurs cadres. Une salle de classe est le meilleur endroit pour apprendre à diriger, écouter, décider et faire coopérer ». Devant cette forte affluence, le chef d’entreprise développe de nouvelles propositions d’activités :
« Nous allons proposer l’année prochaine un deuxième Escape Game sur ce même modèle, mais encore plus difficile. Il s’agira pour le candidat de conduire une séance de motricité avec des élèves de maternelle. »

⇒ Avis de recherche. Pour une prochaine publication, nous recherchons des jouets moches, hideux, effrayants ou vieux vus à l’école. On t’attend par mail ou Messenger.

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1 COMMENTAIRE

  1. Je suis niveau « EXPERT », je tiens depuis 41 ans… J’ai pas encore craqué !
    Par contre, la somme en cas de victoire n’est vraiment pas terrible, je pourrai juste acheter une Lada d’occasion.
    Prévenez Blanquer qu’il faudrait améliorer ce côté du jeu vraiment sympathique par ailleurs.

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