Niveau 1 : le cahier-journal symbole d’une réalisation de soi
Le cahier-journal est prêt, avec pour chaque séance l’indication des compétences extraites des programmes, l’objectif, le déroulement qui distingue précisément l’activité de l’apprenant et le rôle de l’enseignant. Le matériel de manipulation est préparé sur la table ronde qui se trouve au fond de la classe, et les photocopies sont classées dans des pochettes cristal. Les fichiers informatiques pour le T.N.I. figurent à la fois dans un répertoire spécifique de la clé USB, mais également en bas à droite du bureau de l’écran d’accueil Windows, pour plus de sécurité.

Le niveau 1 concerne essentiellement les enseignants inspectés dans la journée.

Niveau 2 : le cahier-journal comme un besoin de reconnaissance, mais sans excès
Le cahier-journal est prêt, dans une certaine mesure. Tout ce qui concerne le français et les mathématiques est anticipé. Pour les arts plastiques et l’E.P.S., le contenu sera décidé en temps voulu. L’idiome pédagogique « décidé en temps voulu » signifie dans le domaine des arts visuels que les élèves devront faire un dessin pour maman, et qu’en E.P.S. on ne fera pas d’E.P.S. parce qu’on n’a pas fini le dessin pour maman.

Le niveau 2 regroupe en majorité les enseignants qui ont plusieurs niveaux dans leur classe, et qui se disent qu’à un moment donné, c’est déjà bon comme ça...

Niveau 3 : le cahier-journal comme appartenance à un corps professionnel
Le cahier-journal est prêt, mais moins qu’en début d’année. Au mois de septembre, il était mis à jour quotidiennement avec des fiches de préparation. En octobre, on y trouve un exercice de vocabulaire trouvé sur la table à côté de la photocopieuse ou un post it sur lequel est écrit : Elio absent aujourd’hui. A partir du mois de novembre, le cahier-journal permet de stocker des recettes de cuisine échangées en salle des maîtres ou des bons plans pour les vacances.

Les enseignants appartenant au niveau 3 sont victimes d’une importante dichotomie : d’un côté ne pas préparer son cahier-journal et de l’autre rédiger au moins quelques lignes quotidiennes, histoire de donner le change.
Le risque en effet est de se faire rejeter par ces collègues besogneux qui produisent 12 pages de préparation quotidiennes, et qui écrivent même des fiches de séance pour le passage aux toilettes ou la récitation de la poésie.

En général, ce sont ces mêmes collègues qui rentrent le soir à la maison en criant : « Marre de ce boulot ! J’en peux plus ! J’ai l’impression d’y donner ma vie !  » et qui vont passer leur soirée à poser des questions dans des groupes Facebook de profs.

Niveau 4 : le cahier-journal, une sécurité
Le cahier-journal ne contient que trois feuilles imprimées sur coloriageaimprimer.com.

Le niveau 4 concerne les enseignants de maternelle qui passent leur journée à coller des gommettes et à surveiller la sieste.

Niveau 5 : le cahier-journal ? Quel cahier-journal ?
Le cahier-journal n’a jamais existé. C’est une pure invention du lobby des pédagogistes qui souhaitent développer leur vision curriculaire de l’enseignement et utiliser les neurosciences pour asservir la population aux théories socio-constructivistes.

Le niveau 5 concerne les enseignants qui réfutent toute idée de préparation, et même de conduite de classe. Ils ne veulent plus d’élèves. C’est pourquoi ils deviennent coordonnateur REP, puis principal de collège.

Rejoins-nous

71,239FansLike
10,460FollowersSuivre
5,349FollowersSuivre

On existe aussi en librairie !


Neuf à partir de: EUR 11,95 En stock
Votre commentaire avec Facebook
Partage cet article

LAISSER UNE REPONSE

Please enter your comment!
Please enter your name here