« La différenciation, c’est ne pas gommer les différences mais ne pas être indifférent à la différence » peut-on lire sur le blog L’école de demain, à moins que ce ne soit un extrait de la chanson de Lara Fabian La différence. De toute façon on s’en fout. Différencier, c’est adapter sa pratique pédagogique à son public. En effet, certains enfants comprennent vite tandis que d’autres regardent Cyril Hanouna tous les soirs, seuls dans leur chambre. Alors forcément t’es obligé de différencier. Le problème, c’est qu’avec la crise économique, la dette publique, et l’éducation qui n’est plus trop un sujet à la mode, tu as de plus en plus d’élèves dans ta classe.  Alors comment faire ? Voici nos 7 astuces.

Astuce 1 : stigmatiser moi ? Jamais !
Inutile de procéder à des tests en début d’année et de mettre en place des groupes de niveaux. C’est très stigmatisant. Pourquoi ne pas construire un mur au milieu de ta classe pour séparer les bons élèves de ceux d’origine mexicaine tant qu’on y est. Sois un bon pédagogue : tout en menant ta séance d’apprentissage, repère immédiatement le niveau des enfants. Loin de nous l’idée de donner des recettes, car donner des recettes c’est mal, mais notons tout de même quelques invariants :
Les mauvais élèves sont ceux qui regardent par la fenêtre pendant que tu parles, qui ont constamment la bouche ouverte, ou dont le prénom se terminent par le son [ane]. Exemples : Kylian, Océane, Dylan.
Les bons élèves sont… les autres.

Cas particuliers : les enfants de profs. Par convention, les enfants d’enseignants sont toujours intégrés au second groupe, même s’ils correspondent aux critères du premier groupe. Respecte ce conseil à la lettre, sans quoi tu aurais affaire au double lobbies des mères de familles et maîtresses d’école. A ce jour, personne n’a encore osé briser cette omerta.

Astuce 2 : le groupe de besoin
Une fois que tu as repéré les enfants en difficulté, invite-les à s’installer autour de la table en fond de classe puis fais-les manipuler du matériel (exemple : gros cubes rouges). Fixe au-dessus de cette table une affiche sur laquelle est écrit Groupe de besoin. Ça ne sert à rien mais ça mettra une demi-molle à l’inspecteur s’il rentre dans ta classe à l’improviste.

Astuce 3 : la logique Ecologistico®
Distribue aux élèves du second groupe des exercices à effectuer dans le cahier. Attention, adopte notre logique ecologistico breveté Jean-Jacques®.
Ecolo pour écologique : Ne donne pas de photocopies aux élèves car cela détruit l’environnement. Exige plutôt qu’ils recopient les exercices à partir de vieux livres qui traînent sur l’étagère du fond. Exemple : Balle aux mots.
Logistico pour logistique : ce temps important de copie te permettra de rester auprès des enfants du premier groupe qui n’ont toujours pas compris qu’il fallait assembler dix cubes rouges pour faire une dizaine.

Cas particulier : le vendredi. Il ne faut jamais faire recopier des exercices dans le cahier du jour le vendredi. Officiellement, parce que les enfants repartent avec leurs cahiers à la maison pour les faire signer pendant le week-end. Officieusement parce que le vendredi midi, tu vas faire les courses à Carrefour, ce qui te permet de commencer l’apéro plus tôt le vendredi.

Astuce 4 : aidons-nous les uns les autres
Tu as besoin de t’occuper de deux élèves qui ne font pas la différence entre un cube rouge et une chaise alors que sept autres ont terminé depuis 10 minutes d’assembler leur barre de 10 ? Pas de panique. Demande à trois de tes meilleurs éléments d’aller vérifier les résultats, et de réexpliquer au besoin. Les enfants adorent jouer à la maîtresse. Ils sont tellement craquants quand ils essaient d’expliquer quelque chose à d’autres élèves. Ils sont touchants de naïveté, de curiosité, même si c’est souvent maladroit et emprunt d’une totale inexpérience. On dirait des formateurs de l’ESPE ou de l’IUFM, mais en plus petit. 

Astuce 5 : différencier, c’est aussi croiser des disciplines
Résumons-nous : tu as des enfants qui vaquent à des occupations diverses dans la classe. Certains recopient des vieux exercices de conjugaison pendant que d’autres nettoient le pied de la table du fond de la classe avec la langue. Poursuis cet élan de différentiation en invitant ceux qui se sont acquittés de leur tâche à effectuer une synergie de croisement des savoirs artistiques et littéraires. En gros, faut qu’ils fassent le dessin de la poésie de cette semaine dans le cahier.

Astuce 6 : et les élèves difficiles ?
Au lieu d’essayer d’échanger dix unités contre une dizaine, Dylan a coupé les cheveux de Morgane et a écrit PD sur la gomme de son voisin. Tu l’envoies donc dans la classe de la maîtresse de CM2. Une classe différente de la tienne. Différente / Différenciation. Sur un malentendu ça peut marcher. 

Astuce 7 : pour (en) finir avec le numérique
Cette première partie de matinée se termine. Mais quid du numérique, outil indispensable dans un véritable processus de différentiation. Tablettes ? TBI ? Ordinateurs ? Peu importe puisque tu n’as rien de tout ça. Enfin si, mais ça n marche pas. De toute façon le numérique dans ta classe, c’est avant tout ton smartphone. C’est le moment d’envoyer des SMS à Sarah pour lui dire d’apporter de la menthe fraîche parce que tu n’en auras pas assez, rapport à l’apéro de ce soir. On est vendredi.

 

 

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5 COMMENTAIRES

  1. Pour vraiment bien différencier,il faudrait avoir 2 tutulaires par classe…Tous nos décideurs n’ont jamais enseigné dans une classe de 25 élèves ( ou plus ! ) de tous niveaux…sans compter les primo-arrivants qui ne parlent pas la langue !Et c’est toujours le prof qui doit prévoir du travail ( et des corrections) en plus pour des élèves qui ne pourront plus doubler,de toute façon, et qui sont de moins en moins motivés !

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